FREE TIBET

FREE TIBET
GO TO THE TOP OF YOUR HIGHEST MOUNTAIN AND RAISE YOUR FLAG

PROTECT YOUR LANGUAGE

DONT LET THEM DO THAT TO YOU

# Posted on Friday, 28 March 2008 at 2:52 PM

Mort de Fred Chichin

Un petit hommage...
Mort de Fred Chichin

# Posted on Thursday, 29 November 2007 at 7:26 AM

Edited on Thursday, 29 November 2007 at 7:58 AM

la mastication des morts mis en scène par Eva Vallejo

C'est dans la plus intimiste des salles du théâtre du Rond-Point qu'Eva Vallejo a installé le cimetière de Moret-sur-Raguse, village authentiquement franchouillard sorti tout droit de l'imagination de Patrick Kermann. La disposition du décor vise à troubler le spectateur à peine assis : il se voit dans un miroir mural, sur lequel sont tracées des épitaphes qui apparaissent en transparence grace à des jeux de lumière bleue nuit, celle qu'on imagine régner dans un caveau. Ce n'est qu'une fois le public plongé dans les ténèbres de l'au-delà,que la mémoire de chacun des morts peut se mettre à chanter.
Le plateau presque nu suggère la solitude de ces absents en quête de confidents; l'apparence des fantomes qui s'avancent sur la scène ne surprend pas, et leur teint blafard comme leurs sourires graves laissent penser qu'il ne s'agit là que d'une banale histoire de revenants. Mais cette attente, très vite déçue, ne fait apparaître que plus intensément toute l'ironie, l'humour noir et l'étrangeté du texte. Et c'est d'abord la situation d'énonciation, défiant toute logique en donnant la parole aux morts, qui fait naitre le mystère et alimente le caractère comique du texte: le suicidé raconte son passage à l'acte, l'assassiné son passage à tabac, le malade son ultime colique, le ton badin et l'air penaud. Entre rire et trouble, la mort apparaît comme un simple élément du cours ordinaire des choses, mais mythifié par les vivants, qui préfèrent s'imaginer finir au royaume des morts plutot qu'au royaume des vers.
Le caractère burlesque de la pièce naît de ce décalage entre le sujet lugubre et le ton humoristique des confidences, décalage accentué par les déambulations presque clownesques des personnages qui s'incarnent successivement devant nous.
Le rythme endiablé de la mise en scène est accompagné et parfois adouci par le violon, le piano et la guitare électrique, harmonie musicale qui se module selon que la parole est chuchotée comme un secret, vociférée comme un ordre ou chantée comme une berceuse. Si mourir c'est comme s'endormir, il faut pouvoir en rire.
la mastication des morts mis en scène par Eva Vallejo

# Posted on Thursday, 15 November 2007 at 6:19 AM

Richard III de Lagarde

Une scène éclairée comme un studio de cinéma par une lumière blafarde, des costumes de velours bleu électrique façon années 80, une Lady Anne portant des lunettes de soleil rétro et fumant une cigarette d'un air badin, une scène érotique entre une Lady Anne- nue, cela va sans dire- et un Richard fou de désir. La mise en scène de Ludovic Lagarde n'est pas, à première vue, des plus classiques. Il faut dire que la réécriture de Richard III par Peter Verhelst, pour le moins ambitieuse, abandonne le vers au profit d'une prose poétique pleine d'images, et raccourcit sensiblement la pièce en ne gardant que les scènes essentielles à la compréhension de la trame dramaturgique.
Malheureusement, on s'aperçoit bien vite des faiblesses d'une telle mise en scène qui cherche à exciter le regard plus qu'à éveiller l'esprit. Une désagréable impression de déjà-vu envahit le spectateur à mesure qu'il voit se multiplier les références cinématographiques ; la nonchalance de Lady Anne, la voix (mixée par l'ingé son) de la reine, les flingues dégainés à la moindre escarmouche, et la voix-off (qui résume sans scrupule les péripéties historiques) dévoilent une esthétique tarantinesque déplacée. L'interrogation sur l'ambition politique évoquée par Shakespeare, ambition qui détruit les liens filiaux et mène à une marginalité et à une solitude extrême, perd hélas beaucoup de sa force : la verve de Richard tient ici plus de celle d'un caïd des beaux quartiers que d'un homme politique ambitieux et cruel, l'évocation du fratricide est réduite à quelques coups de feu, et la question de la marginalité, évitée. L'histoire de cet illustre sanguinaire, hanté par le spectre de ses doutes, et surpris par l'angoisse de la solitude du pouvoir, semble réduit à un fait divers, illustré par une succession de belles vignettes et des scènes de la vie intime dignes de Loft Story.
Richard III de Lagarde
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Thursday, 15 November 2007 at 6:17 AM

La foret de Mogari de Naomi Kawase

La foret de Mogari de Naomi Kawase
La caméra de la jeune réalisatrice japonaise Naomi Kawase, est une plume qui chante avec beaucoup de lyrisme, mais aussi de retenue et de pudeur, cette véritable ode à la nature qu'est la foret de Mogari.
Elle reprend son thème de prédilection, le travail du deuil et la question de la finitude humaine, et l'exploite dans le cadre d'une foret tout à tour joyeuse, mystérieuse, inquiétante et enfin apaisante. Foret qui devient le personnage principal, enveloppant les hommes et les guidant dans leurs quêtes. Car ils cherchent à se délivrer de questions qui les taraudent jusque dans leurs chaires : d'où vient-on ? Comment disparaissons-nous ? Si nous sommes mortels, sommes-nous réellement l'enfant le mieux réussi de la nature ?
Shigueki, veuf depuis trente trois ans, et Machico jeune femme qui vient de perdre son jeune enfant, se perdent dans cette foret où le temps et l'espace n'ont plus d'importance. L'un deviendra le miroir de l'autre dans ce voyage initiatique de 24 heures. Leur amitié commence entre des arbres à lors d'un thé lors d'un jeu de cache-cache, et finira au pied de la tombe de la femme de Shigeki, dans la terre humide de cette foret secrète traversée par la lumière qui les guide, seul élément immuable et éternel de toute aventure humaine.
Les ténèbres sont assurément présentes dans les esprits des personnages et imprègnent tous le film, mais c'est toutefois à une renaissance à laquelle on assiste. Cette traversée métaphysique au cours de laquelle est retrouvé le plaisir de toucher le bois des arbres, la terre humide et le sentiment d'être vivant nouveau va mener la jeune Machiko à accoucher d'elle-même, en s'arrachant à ses souvenirs qui reviennent comme des mauvais rêves. Se représenter mentalement les scènes qui alimentent son deuil interminable va lui permettre de les dépasser. Quant à Shigeki vieil homme- enfant souriant, c'est en soufflant sur des papillons gris et en retournant sur les lieux du deuil qu'il se trouvera : « longtemps j'ai erré », dit-il en déposant ces carnets d'errance dans la terre sacrée du recueillement, « maintenant je vais dormir dans la terre ».
Ce sont donc les éléments naturels , la terre, le vent (« prions le vent »), l'eau (l'orage violent est comme autant de larmes pour Machiko qui se remémore malgré elle sa tragédie personnelle intériorisée jusque là), ou le bois d'un arbre gigantesque, qui insufflent à nouveau la vie dans l'âme des personnages, révèlant l'origine animiste de la philosophie de ce film essentiel.

Mogari : période de deuil. Vient d'un mot signifiant « lieu du deuil ».


# Posted on Thursday, 15 November 2007 at 5:29 AM